Le 23 mai dernier, le Conseil dâĂtat a rejetĂ© le recours en urgence de La Quadrature du Net contre la mesure de blocage de TikTok en Nouvelle-CalĂ©donie. Pour justifier cette dĂ©cision inique, le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s a affirmĂ© quâil nây aurait pas dâurgence Ă statuer puisque ce blocage serait, selon les dires du gouvernement, bientĂŽt levĂ©. Il aura fallu attendre plus de 24 heures aprĂšs la levĂ©e de lâĂ©tat dâurgence pour que le rĂ©seau social soit de nouveau accessible. Cet Ă©pisode marquera un tournant dans la montĂ©e autoritaire en France et dans lâĂ©chec de nos institutions Ă lâempĂȘcher.
Le blocage de TikTok est un cas d'école de bùillonnement de la liberté d'expression digne des pires régimes : une décision écrite nulle part, un gouvernement qui change sa justification plusieurs fois, une justice démissionnaire.
Pour rejeter notre recours et celui d'autres associations, le Conseil d'Ătat a invoquĂ© l'absence d'urgence. Cela lui a permis de ne pas avoir Ă aborder la question de la lĂ©galitĂ© du blocage, et cela dĂ©montre encore une fois qu'il ne comprend pas ce qu'est Internet.
AprÚs notre référé de la mi-mai en urgence, nous avons déposé la semaine derniÚre un recours en excÚs de pouvoir contre la décision de bloquer TikTok. La décision sur la légalité de cette censure n'arrivera que dans un à deux ans.
Mais nous ne pouvons accepter ce prĂ©cĂ©dent. Les textes internationaux protĂ©geant la libertĂ© d'expression sont tous interprĂ©tĂ©s dans un sens qui condamne ce genre de censure. Le Conseil d'Ătat doit se sortir de sa torpeur.
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