Déployés à bas bruit depuis 2003, il existe désormais près de 700 lecteurs uniquement réservés à la police nationale, la gendarmerie nationale et les douanes pour surveiller les déplacements des voitures.
Concrètement, une alerte est automatiquement envoyée lorsqu'un LAPI détecte une plaque d'immatriculation figurant dans certains fichiers.
La police peut également demander à avoir accès à ces informations, gardées deux semaines, dans le cadre d'enquêtes judiciaires.
Les LAPI sont des caméras dotées d'un système informatique et de lecteurs optiques permettant d'identifier, traiter l'image et reconnaître les caractères des plaques d’immatriculation pour les lire et les faire atterrir dans une base de données, avec le lieu et l'heure de la captation.
L'utilisation la plus connue est celle du contrôle du stationnement payant, mais elle est aussi très utilisée par la police pour savoir où et quand certains véhicules sont passés.
Il s'agit donc bel et bien d'une surveillance de masse puisque aujourd'hui cette méga base de données contiendrait à chaque instant environ 60 millions de photos de plaques d'immatriculation.
L'ensemble de la population est touchée, d'autant que les capteurs semblent installés sur des voies très utilisées, voire incontournables dans certains territoires (abord de ponts, axes principaux...).
En 2024, une réforme a amplifié l'échelle de cette surveillance par la mise en place du Système de traitement central LAPI (ou STCL), qui centralise l'ensemble des LAPI du territoire national, alors qu'auparavant chaque traitement était autonome.
Cela permet aux policiers de consulter ces informations en temps réel et sur une plateforme unique, donc de savoir où et quand tel véhicule est passé, dès lors qu’il aura été flashé par des LAPI.
La loi RIPOST empire cette situation. D'un coté, elle étend considérablement les finalités d'accès et les délais de conservation des plaques d'immatriculation, permettant de remonter jusqu'à un an de déplacements d'un véhicule.
De l'autre coté, elle incite les municipalités à installer des LAPI pour les mettre à disposition de la police.
Aussi, le Sénat a introduit une possibilité d'analyse algorithmique des données issues des LAPI pour trouver des « mouvements suspects » de véhicules.
Plutôt que d'accélérer cette surveillance, les député·es doivent au contraire restreindre et empêcher l'utilisation des LAPI à des fins de traçage policier et rejeter ces dispositions de la loi RIPOST. Sur le terrain, il est possible de se mobiliser en documentant l'emplacement et la nature des appareils LAPI, empêcher leur installation dans sa ville ou encore fournir des informations sur leur utilisation si vous en avez.
Aussi, vous pouvez nous soutenir en faisant un don
https://www.laquadrature.net/donner/Les risques que présentent ces techniques de surveillance sont réels et ont été démontrés aux États-Unis où la reconnaissance de plaque, opérée par l'entreprise Flock, a conduit a des usages racistes, à la surveillance de manifestations ou encore sont utilisés par par la milice ICE.
Des campagnes comme Deflock ou No ALPRs ont été lancées pour combattre et refuser cette surveillance.
https://noalprs.com/#
surveillancegeneralisee #
acab #
technopolice